A nos  fidèles et à nos sympathisants :

Nous vous rappelons que dans le cadre du mois du documentaire, nous projetterons le samedi 12 novembre 2011  :

- à 17 heures (par  solidarité avec le Fest-noz des faucheurs OGM organisé par Assomniak le même soir)

- puis à 20 heures 30 :

Octobre à Paris de Jacques Panijel
130 minutes - N & B - Long métrage en 16 mm -1965 Les films de l'Atalante
Présentation de 20 minutes de  Medhi Lallaoui sur DVD

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Il y a 50 ans, Maurice Papon préfet de Police de la Seine et avec l'accord du gouvernement de l'époque, imposa un couvre-feu à tous les français musulmans d'Algérie. Ce dernier entraîna une grande réaction pacifique dans les rues de la capitale.
Au soir du mardi 17 octobre, près de 30 000 algériens manifestèrent dans le calme dans les rues de Paris.
Il s'en suivit une répression féroce :  11 000 arrestations, entre 80 et 200 assassinats,  400 disparus, près de 2500 blessés, des centaines d'expulsions.
Les plaintes restèrent sans suite.
Après 50 ans de censure, ce film  est consacré aux crimes policiers perpétrés lors de ces évènements. Il a été réalisé dans la clandestinité et il donne la parole à tous ceux qui participèrent au rassemblement, à ceux qui vécurent la répression sanglante et à ceux qui échappèrent à la mort. Un document exceptionnel à la faveur du 50ème et sinistre anniversaire de cette manifestation.
octobre 4
Jacques Panigel (décédé le 12/09/2010) n'était pas un membre  du FLN et il était opposé au réseau Jeanson, c'était un biologiste et chercheur au CNRS.
En tant que membre du comité Audin il a voulu porter à la connaissance du plus grand nombre   la volonté d'émancipation des peuples coloniaux et la réalité de ce qu'ils subissaient.
C'était un militant républicain dans la lignée de ceux qui signèrent "La déclaration sur le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie"
appelée communément Manifeste des 121.

Il a cherché vainement un cinéaste professionnel qui accepterait de tourner ce qui lui semblait essentiel de dénoncer.
Seul Jean Rouch avait réagi favorablement mais il souhaitait une production légère.
C'est ainsi qu'un scientifique passa derrière la caméra avec l'aide d'un homme courageux, un ouvrier communiste de chez Renault, Jacques Huybrecht, devenu opérateur pour l'occasion.
octobre
Paroles de Jacques Panigel  :

"Au matin du 17 octobre 1961, je suis averti par un camarade algérien que «
quelque chose va se passer ». Je n’en sais pas plus. Le soir même, il y
avait une réunion du secrétariat du comité Audin que nous avions fondé
deux ans plus tôt avec Pierre Vidal-Naquet après la mort du mathématicien
Maurice Audin, torturé par les militaires. En traversant les
Champs-Elysées, je découvre l’horreur : des centaines d’Algériens assis
par terre entre deux rangées de flics en uniforme.
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J’ai parcouru un peu
les Grands Boulevards puis me suis rendu à la réunion du comité. Nous
militions alors comme nous pouvions (tracts, réunions, manifestations)
pour faire connaître la réalité de la situation algérienne. Le Monde nous
a soutenu énergiquement en publiant une souscription financière pour venir
en aide au comité Audin. Nous avons ainsi réuni une somme d’argent
conséquente".


octobre 2

Jacques Panijel va tourner six mois dans les bidonvilles de Nanterre et de Gennevilliers ainsi que dans le quartier de la Goutte d'Or, recueillant  les témoignages d'un grand nombre de participants à la manifestation. Il évoquera également un autre massacre perpétré quelques mois plus tard au métro Charonne où 9 personnes seront tuées le 8 fevrier 1962.
Une mise en scène parfois maladroite n'enlève rien à l'importance de ce film, à son courage et son regard sans détour sur une réalité atroce.
Au delà de ce témoignage à chaud, le film offre aussi une vision désabusée de la
marginalisation et de la discrimination des immigrés algériens dans la France
des années 1960.
Les images terribles de la misière dans les bidonvilles, le sentiment de rejet et
d'aliénation qui se révèle à travers la parole des habitants,
en disent long sur l'échec de la politique
d'intégration française dont les résultats seront visibles quelques années
plus tard dans des banlieues au bord de l'explostion.
clap vierge

Parce que l'histoire se renouvelle souvent, parce qu'il nous faut être
plus que jamais en état de vigilance, nous espérons que vous
serez nombreux à nous accompagner.

clap vierge

A notre connaissance, le P'tit Seize est le premier à
projeter ce documentaire  en Bretagne.

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Alors, à samedi ?

Petites filles algériennes
Photo prise par la chargée de com trois ans après les évènements.
Le regard de ces deux petites filles la hante encore...

Marie