Le vendredi 1er juin à 21 heures,

dans le cadre du cycle "Répertoire" de Cinéphare, nous aurons le plaisir de vous présenter :

Les Duellistes

affiche du film

Le premier long métrage de Ridley Scott

Ridley-Scott

Avec Harvey Keitel, Keith Carradine, Albert Finney, Diana Quick, Gay Hamilton
Royaume Uni - 1977
1h35 - Couleur - VO

Gabriel Féraud (Harvey Keitel) et Armand D'Hubert (Keith Carradine) sont soldats de France dans la tumultueuse période napoléonienne. Féraud est un soldat querelleur habitué des duels, quand bien même la pratique en est plus ou moins interdite par lois et règlements de l’armée.

Rencontrant fortuitement l’intéressé, d’Hubert se voit lui aussi provoqué en duel. Mais ce dernier ne satisfait pas Féraud qui n’a désormais de cesse de le mener à son terme, la rencontre toujours repoussée structurant désormais la vie entière des deux hommes.

entrainement

(D’après l’oeuvre de Joseph Conrad tirée elle-même d'un fait divers réel).

duellistes livre

L'un et l'autre poussés par « une forme d'honneur » dans une rivalité à mort dont chacun finit par oublier la motivation, se retrouvent régulièrement pour un duel au rythme des campagnes napoléoniennes.

chevaux

Un duel pathologique pour l'un, celui de la raison contre la passion  qui veut s'émanciper de la violence,  pour l'autre.

harvey

keith2

Keith Carradine apporte à D’Hubert une secrète élégance qui ne fait que renforcer le mystère du personnage. Quant à Harvey Keitel, dans le rôle de Féraud, il est absolument tétanisant, évoluant constamment sur le fil de la folie sans jamais basculer tout à fait d’un côté ou de l’autre, il ne joue de l’absence concrète de motivations du personnageque  pour en renforcer l’inquiétante imprévisibilité.

C'est comme un mécanisme mystérieux et implacable qui s'enclenche et qui monte en intensité à chaque rencontre. Malgré leur rivalité, un lien obscur unit ces deux hommes, un lien qui pourrait s'apparenter à une immense solitude qu'aucun des deux ne sait combler, même après la défaite de l'empereur.

gardeuse oie

Harvey Keitel (un vrai coq, la petite frappe de Brooklyn, tellement à l'opposé d'Holly Smoke) et Keith Caradine (l'aristocrate  à l'élégance patricienne jusqu'au bout des pieds),  y sont admirables de justesse. Ils sont d'abord corps, chair ou carne en fonction des périodes, bien avant la venue du texte.


dordogne

Malgré l'esthétique à couper le souffle, c'est un film de fauché avec des miracles  de lumière naturelle puisque l'éclairage artificiel n'a pratiquement pas été utilisé. Comme dans Barry Lindon de Stanley Kubrik (dont Ridley Scott avoue s'être inspiré) les  scènes d'intérieur sont particulièrement soignées,  éclairage à la bougie ou au feu de bois,  sauf que Ridley Scott ne possédait pas le matériel de pointe de Kubrick :

- que du bidouillage de génie...

bain

repas

Le film est tourné en grande partie près de Sarlat et la Dordogne a beaucoup donné d'elle-même dans les magies extérieures avec ses brumes d'hiver spectrales.

_cosse

russie

L'Écosse accompagne la campagne de Russie et son froid polaire comme un chant funèbre et somptueux.

Au delà de l'histoire, c'est un poème visuel, une œuvre picturale incroyable qui emprunte à Turner, de la Tour, à Vermeer, à Gainsborough...

tableau

Pour info, Ridley Scott a fait énormément de spots publicitaires avant d'entrer "en cinéma" et en ce domaine, il faut aller à l'économie, au bricolage.

Il offrira plus tard les incontournables : Alien, Blade Runner, Legend, Thelma et Louise...

Cette première réalisation est  vraiment un film à la splendeur rare.

(la chargée de com l'a vu deux fois et pas pour la bagarre,  hein, c'est dire...).

@lors, à vendredi les gens ?