Le ciné-club de Saint-Rivoal vous invite à la dernière séance de la saison le vendredi 29 juin à 21 heures, avec :

FALSTAFF

FALSTAFF

Réalisateur : Orson Welles
Espagne - Suisse / Année : 1965 / Durée : 115 min.

Distribution : Orson Welles, Jeanne Moreau, Margaret Rutherford, John Gielgud, Marina Vlady, Walter Chiari, Michael Aldridge.

Scénario :  Raphael Holinshed d'après plusieurs pièces de William Shakespeare.
Dir. de la photographie : Edmond Richard.
Musique : Angelo Francesco Lavagnino.

L'Angleterre en l'an 1399. Après l'assassinat du roi Richard II, Henry IV, né Bolinbroke, qui a usurpé le trône, doit faire face à une révolte de barons dirigée par Hotspur. Dans la taverne de Mr. Quickly, Hal, prince de Galles, son fils aîné, mène joyeuse vie en compagnie de son vieil ami Jack Falstaff.

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Henry IV demande à Hal de le soutenir devant la menace qui se précise. Après une vaine tentative de conciliation, Hal, à la tête de son armée, triomphe des rebelles à la bataille de Shrewsbury (1403). Falstaff se vante éhontément d'avoir tué Hotspur de ses propres mains, tandis que Hal rejoint son père. Une entrevue convainc Henry IV de la noblesse de son fils.

Lorsque le roi meurt en 1413, Hal monte sur le trône, devenant cinquième du nom. Falstaff est fou de joie : lui, son ami de débauche, aura droit à un poste important. Falstaff assiste au couronnement et interpelle familièrement le roi durant la cérémonie. Ulcéré par cette attitude, Hal le fait exiler de la Cour. À l'heure où Henry V prépare l'invasion de la France, Falstaff, pauvre et abandonné, meurt de chagrin dans la taverne de Mr. Quickly.

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La plus joyeuse et crépusculaire à la fois de ses adaptations de Shakespeare, la plus profondément accordée aussi aux préoccupations de Welles qui revient à sa chère Espagne pour réaliser un projet (l'audacieuse synthèse de plusieurs pièces de Shakespeare) qu'il avait déjà tenté à la scène en 1939 et 1960.

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Orson Welles n’a réalisé en plus de trente ans qu’une quinzaine de films. Trois sont des adaptations de pièces de Shakespeare, à qui le cinéaste vouait un culte tel qu’il a illustré une édition de plusieurs de ses pièces dès l’âge de dix-neuf ans, puis n’a cessé de l’adapter pour la scène, la radio, le disque, le cinéma et la télévision. 

Si Macbeth (1947) et Othello (1952) se présentent comme des adaptations relativement classiques, Falstaff (1966) est une entreprise infiniment moins conventionnelle, qui mêle les répliques de cinq pièces historiques différentes. La figure centrale en est celle du prince Hal, futur roi Henry V, partagé entre les choix opposés que représentent le roi Henry IV, son père légitime, et le truculent Falstaff. L’un ascétique, l’autre braillard, paillard et ivrogne. L’un défenseur de l’ordre, l’autre apôtre de la débauche.

Au-delà des apparences, c’est une nouvelle fois le conflit entre l’amitié et les valeurs absolues qui la mettent en cause,  qui se joue ici, comme dans tant d’autres films de Welles. Tous concluent  à la nécessité morale de la trahison.

Au soir de sa carrière de réalisateur, Welles revient à un de ses plus anciens projets, plusieurs fois remis en chantier depuis sa première version en 1939, pour livrer son œuvre la plus personnelle, et sans doute aussi l’une des plus spectaculaires tant il y expérimente audacieusement avec des formes nouvelles.